Une Eglise baptiste de Dijon et un artiste peintre de Marseille organisent des vacances en Bourgogne pour des orphelins et des veuves algériens.

Quand un artiste peintre évangélique et un pasteur baptiste, tous deux d’origine arabo-musulmane, se prennent d’amitié pour des orphelins et des veuves algériens, cela donne… des camps d’été en Bourgogne.
Le peintre marseillais Abdel Kader Stéphane Dérime et le pasteur d’une Eglise de Dijon, membre de la Fédération des Eglises évangéliques baptistes (FEEB), Assan Merabti, organisent en effet depuis 2001 des vacances d’été pour une trentaine d’orphelins, âgés de 10 à 13 ans, et une dizaine de veuves, victimes du terrorisme en Algérie.

On compte aujourd’hui 180 000 orphelins en Algérie, à cause du terrorisme, explique Assan Merabti. Et 30 % des consultations en psychiatrie à Alger concernent des enfants.  Pour les sortir du cercle de violence dans lequel ils sont enfermés, trois semaines de vacances en France leur permettent de se livrer à toutes sortes d’activités culturelles, ludiques et pédagogiques.
Le but : aider les enfants à extérioriser et à verbaliser la violence dont ils ont été victimes.  Ces enfants ont assisté à des atrocitéspudeur. Sans suivi psychologique, ils vivent leur traumatisme dans le silence. Et, de façon générale,  ils ont souvent des problèmes d’élocution .

Les enfants accueillis ont perdu soit leur père, soit leur mère, soit les deux.  Nous essayons de leur donner un peu d’amour et de tendresse. Si le terrorisme semble résiduel, le pays pacifié, les blessures et les séquelles restent vives et béantes.

Le budget nécessaire à l’organisation de ce camp annuel, qui aura lieu cette année du 9 au 23 juillet, s’élève à 10 000 euros. L’Eglise d’Assan Merabti prend tout en charge. Tout au long de l’année, nous organisons des bourses aux vêtements, des concerts, des couscous. Stéphane Dérime, quant à lui, organise de nombreux vernissages au profit des orphelins.

Grâce à ces mobilisations, les enfants algériens accueillis, garçons et filles, peuvent  reconstruire des repères stables  tandis que, pour les partenaires français, au-delà d’une participation à une action socio-culturelle humanitaire, il s’agit d’ouvrir une fenêtre sur la culture algérienne . A terme, des échanges entre enfants français et algériens pourraient voir le jour.

Source: www.reforme.net

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